Premier essai de réalisation

L’art du modélisme est d’utiliser ce que les gens jettent
Après les déconvenues des avions, pardon des boites à voler en dépron, je décidais en toute inconscience de tenter l’aventure des réalisations en bouteilles. Il y a peu de photo de cette première époque, n’étant pas du tout persuadé du bien fondé de la démarche, je ne considérais pas que des archives seraient un jour les bienvenues.

Ces recherches ont lieu en 2005.


Yaka
Etude n°1 Yaka (2005)


Grâce à la quantité d’innovations mises en œuvre, pour le premier d’avion utilisant cette nouvelle technique, la réussite fut bien au delà de toutes mes espérances. Les vols que je réalisais à l’intérieur du gymnase de 20m par 30 étaient toujours brefs et violents. Avant ce modèle, je ne repartais jamais à cette époque avec un avion en état de vol ! Ce fut vraiment l’avion de tous les excès. L’esthétique n’était pas à l’ordre du jour, et il fallait lire entre les lignes pour percevoir tout le potentiel qui se préparait .

Cahier des charges du premier essai :

  • Essai de réalisation de mannequin .
  • Essai de thermoformage .
  • Essai de dépouillage de la forme obtenue .
  • Essai d’ajustement des chevauchements .
  • Essai de collages bouteille sur bouteille .
  • Essai d’obtention d’un avion utilisable.
  • Essai de formage des ailes .
  • Essais de collage de l’EPP .
  • Essais de collage EPP sur bouteille .
  • Essais de fixation de moteur .
  • Essais de fixation des servos .
  • Essais de peinture .
  • Essais de fixation de train .
  • Essais de rigidité
  • Essais de réglages et de vol.

Caractéristiques :

Envergure 1m poids en ordre de vol 202 grammes moteur T2M de 50 watts , accus 3S lipo de 1500 ma
Surface portante 18,24 dm2, charge alaire 11 grammes par dm2

Bilan

Le premier essai n’est ni beau, ni performant, il vole mal, ne répond pas toujours aux sollicitations mais à une phénoménale capacité d’encaissement des chocs sans grand dommage .

  • Ailes trop souples , moteur trop puissant , hélice inadaptée sont parmi les défauts majeurs constatés .
  • Ajouté à un mauvais pilotage et ce dans un gymnase de 20m sur 30 il est extraordinaire que cet avion après 1 h 30 mn de vol soit rentré sans gros dommages.

Les commentaires du délire

La première difficulté à résoudre fut de pouvoir produire des fuselages plus grands que la longueur utilisable d’une bouteille, soit environ 20 cm. Les recherches sur 2 types de jonctions, bout à bout et à simple recouvrement permettent de s’affranchir de ce problème. Plusieurs tentatives de collage vont se solder par des échecs, la solidité requise sera obtenue en ponçant le polyéthylène aux zones de chevauchement. Différentes colles sont alors utilisables, mais elles ne possèdent pas tout les atouts souhaités en même temps .

Il convient de préparer à l’avance le chantier de forme que j’appellerai mannequin, de cette manière, le thermoformage de l’EPP est possible au décapeur thermique. Cet outil sera très précieux pour dévriller les ailes et inclure des vrillages négatifs quand cela s’avère utile.

  • Le collage EPP sur polyéthylène ne donne pas de bons résultats au stade des présentes recherches (2005).
  • Les moteurs sont fixés au moyen de vis acier avec écrous et contre-écrous.
  • Les servos sont insérés dans des blocs d’ EPP ,et maintenu par collage à la cyano.
  • La peinture tient difficilement sur la bouteille, la surface est trop lisse, et le rendu final pas terrible, la moindre éraflure emporte la couleur.
  • Les trains sont maintenus par des bracelets d’élastique s’accrochant dans des axes en bambou qui dépassent du fuselage.
  • La rigidité est largement suffisante ,mais sa gestion n’est pas évidente .les alignements des roues seront parfois problématiques.
  • Les réglages de vols sont obtenus par calage des ailes sur le fuselage, la jonction aile fuselage étant assurée par des élastiques, elle permet d’y insérer des cales d’épaisseur variable.

Découvertes réalisées avec YAKA

  1. Faisabilité du concept.
  2. Une super solidité.
  3. Un champs de recherche très vaste à explorer.
  4. La certitude qu’en matière de thermoformage je ne savais pas grand chose.
  5. L’obligation de penser performances d’évolutions, pour l’avion , les dimensions du gymnase étant d’une exigence drastique .

Cette dernière caractéristique allait m’entraîner très loin des pratiques utilisées habituellement. Pour avoir des avions d’une tolérance hors du commun, aucun secteur technique entrant dans sa conception ne serait mis à l’écart.
Je devais donc tout prendre en considération et de préférence en même temps, de manière à éviter les données contradictoires. Cette caractéristique allait pousser le genre d’appareils produits en dehors des standards habituellement utilisés ,(à ce moment je puis vous assurer que je n’avais pas conscience de l’énorme différence qui en résulterait ).

Quelle orientation donner aux recherches suivantes ?

  • Le manque de charpente interne est très déstabilisant au début.
  • L ‘implantation des équipements n’est pas évidente , surtout si on ajoute, comme moi des critères de résistance aux d’impacts dans les possibilités naturelles d’évolution de l’avion. Cette particularité va m’obliger à développer des pratiques d’installation qui produiront des effets étonnants dans la suite des constructions .
  • La protection des équipements radios et de propulsion seront couplés avec la gestion des rigidités et la fixation des trains d’atterrissages. Le paradoxe de cette difficulté primaire finira par ajouter des secteurs d’amortissement progressifs sous forme de zones de déformations destinées aux crash les plus sévères .

Il faut convenir que de simples bouteilles finissent par avoir des performances inespérées.

Conclusions

Aussi surprenant que cela puisse paraître , la CHOSE est possible. Evidement ,il convient de faire preuve de pas mal de perspicacité pour entrevoir une évolution prometteuse.

Beaucoup de collègues du club m’ont pris pour un charlot qui bricolait des déchets avec une 'opiniatreté qui fairait peine' ,comme on dit dans le midi !

Les personnes qui ne réalisent pas leurs modèles ne peuvent pas connaître les opportunités laissées de coté lors de la construction, et ce pour quelque raison que ce soit.

Celui qui fait ... Lui, le sait, Et cela fait toute la différence. Pour moi , malgré l’adversité et les critiques, l'aventure commençait